|
Prepaclasse
est souvent venu vous parler de différencier votre pratique. Il ne
s'agit pas d'une mode ou d'une esthétique pédagogique. La
différenciation revient dans tous les discours et apparaît comme
préoccupation première en particulier chez les jeunes enseignants.
L'approche
individualisée qu'exige l'aide à apporter à l'élève en difficulté est
souvent vue d'abord comme un problème d'organisation : comment vais-je faire pour
m'occuper de chaque élève ? Dans ma classe les niveaux sont très
hétérogènes, si je m'occupe des uns je délaisse les autres…
On évoque
moins la diversification des démarches, on semble croire à la nécessité
d'une présence rapprochée de l'adulte pour expliciter une
incompréhension, alors qu'il existe d'autres stratégies fondées
notamment sur la valorisation des interactions entre élèves qui
commence par l'imitation ou la copie, continue par l'explicitation des
stratégies, le sens donné à l'activité et l'élucidation du but final de
celle-ci.
L'enfant qui a des difficultés n'est pas confronté à des obstacles
cognitifs lourds mais le plus souvent à l'impossibilité pour lui de se
représenter ce que l'on attend de lui, quel sera le " produit " final
qu'il devra construire… un peu comme lorsqu'on nous donne une recette
de cuisine à exécuter sans que nous sachions quelle allure devrait
avoir le plat au final…
Un vrai faux
consensus - l'affaire du socle - la transversalité au service des
apprentissages
Notre pratique est
de plus en plus perméable à la pression médiatique et à la présence
plus prégnante de certains parents à laquelle nous n'avons pas été
préparés. L'échec scolaire, l'illettrisme… souffrent de définitions
imprécises, difficiles à objectiver.
L'antienne de la baisse du niveau était déjà récurrente dans les
discours au 19ième siècle.
La massification de l'enseignement a accru cet effet.
En France, la culture de l'évaluation procédant d'une sélection par
l'échec et l'ultra - spécialisation entre des domaines ou voies dites
d'excellence et d'autres a conduit à négliger la valorisation des
domaines technologiques ou manuels.
On a procédé par une orientation trop précoce des élèves -quand j'étais
enfant, elle se réalisait dès la sixième où seule la filière " 1 " vous
laissait espérer avoir le bac, la " 2 " vous conduisait peut-être au
lycée professionnel et la " 3 " dirigeait vers d'hypothétiques
apprentissages et emplois sous qualifiés. Plus tard, le collège unique
institua des orientations plus pernicieuses par les choix
disciplinaires tout en oubliant dans le grand groupe les enfants qui
auraient pu encore être aidés.
Sous prétexte de défendre le haut niveau des connaissances
disciplinaires à dispenser, nombre de professeurs se sont refusés à
condescendre aider l'élève à reprendre une défaillance même majeure,
invoquant que ce n'était pas là leur rôle et que l'école primaire
n'avait pas assuré le sien.
On peut s'interroger en effet, ce n'est pas faire injure à l'école
primaire, de savoir si l'idée de ne considérer que seul l'âge pour
laisser accéder au collège est pertinente.
Il fut un temps où le cours complémentaire permettait aux instituteurs
de préparer des élèves d'âge " sixième " ou " cinquième " au certificat
d'études.
Oui, mais, on sait aussi que ce " certif " ne menait pas loin et
surtout était loin d'être obtenu par tous…
" Il n'a pas les bases " disent souvent les uns ou les autres. On
évoque alors l'idée du " socle " avec une conception un peu étonnante
de l'apprentissage qui laisserait croire qu'on apprend comme on
construit une maison ou par empilement.
S'il en était ainsi, les enfants de milieux culturels favorisés,
devraient rencontrer autant de difficultés que les autres. Mais nous
voyons bien que ce que leur milieu leur apporte avant tout, outre une
meilleure aisance vis à vis du langage, ce sont tout un ensemble de
clés qui permettent de donner du sens à l'activité scolaire.
Ces clés culturelles, lorsqu'elles ne sont pas apportées par le milieu
socioculturel de l'enfant doivent lui être apportées par l'école.
D'aucuns préfèreraient parler de " culture commune " … chacun va mettre
sous les mots sa propre interprétation.
On peut bien entendu s'accorder à dire qu'il faut que tout enfant sorte
de la scolarité obligatoire en sachant lire, écrire, compter, vivre
avec les autres, exercer son jugement critique pour pouvoir vivre,
travailler, participer à la vie sociale (voter, se faire élire, agir …) et culturelle (accéder aux arts comme
spectateur mais aussi " amateur ")…
Quand on a dit tout ça, on a à la fois tout dit et rien dit.
Si un enfant n'a pas ce minimum, c'est que l'école et la Société n'ont
pas rempli leur contrat… mais ce minimum ne doit pas isoler des
apprentissages dits " fondamentaux " des autres connaissances…
Si l'école primaire reste et doit rester polyvalente, c'est que les
disciplines vont par les entrées diverses qu'elles proposent s'éclairer
mutuellement, se faire écho, permettre l'élaboration d'un patrimoine de
référence commun.
La loi d'orientation (à l'heure où ces notes sont écrites elle sera
bientôt proposée au parlement), évoque l'idée de faire émerger les
talents chez les jeunes, de déceler leurs pôles d'excellence… Si chacun
peut et doit trouver son domaine d'excellence, méfions nous toutefois
des étiquetages prématurés : " il est littéraire, elle est matheuse… "
. On doit pouvoir être l'un et l'autre. Un citoyen éclairé, même s'il
aura ses domaines préférés doit pouvoir s'intéresser à l'actualité
scientifique comme aux derniers romans. Un scientifique n'est pas
forcément moins rêveur qu'un littéraire !
N'oublions pas non plus, qu'un travailleur manuel peut être aussi un
intellectuel épris de culture à la condition que l'école ait accompli
son rôle : aider chacun à dépasser sa propre condition.
Une
obligation absolue
Etre présent à
tous, être présent auprès de celui qui rencontre des difficultés. Voilà
notre obligation absolue. On ne peut abandonner un élève en le
renvoyant à sa propre personnalité, à sa condition ou à l'incompétence
des maîtres qu'il a eu avant…
L'urgence à aider celui qui patauge est bien notre mission première et
peut s'assurer au sein de la classe.
haut de page
Des
compétences de base aux compétences nécessaires aux enfants pour
profiter pleinement des situations pédagogiques de cycle 3 ou de la
classe de sixième…
Notre métier est
victime parfois de son jargon. Encore faut-il se dire que tout métier a
besoin de son langage professionnel non pas pour exclure mais pour
nommer les choses avec précision.
On aura noté avec intérêt en septembre 2004 qu'on ne dit plus dans les
cahiers d'évaluation nationale " compétences de base " mais " compétences
nécessaires aux enfants pour profiter pleinement des situations
pédagogiques du cycle 3… ou de la sixième ".
Cette évolution n'est pas simplement l'introduction d'un jargon qui
viserait à rendre les choses plus complexes, mais traduit justement les
interrogations qui existent vis à vis de cette idée de " compétence de
base ". On rappelle ici l'idée de continuité. Il n'y a pas barrage mais
urgence à aider. La scolarité est vue sur la durée.
On peut s'interroger sur ce qu'on entend par " situations pédagogiques
". Pourquoi ne dit-on pas " connaissances " ? Peut-être vient-on ici
souligner qu'il existe au delà des connaissances des modes de
présentation et de représentation de celles-ci, des organisations qu'il
faut connaître…autrement dit, pour pouvoir apprendre, je dois
reconnaître dans le discours ou l'exercice proposé ce qui va me
permettre d'apprendre, je dois intégrer le sens de l'exercice.
Une autre idée
revient aussi : celle de se départir d'une conception normative de
l'évaluation. Il ne s'agit pas de sélectionner mais de savoir repérer
les réussites et les faiblesses.
Tous les
enseignants qui ont pris le temps d'analyser les cahiers d'évaluation
ont pu faire des observations particulièrement utiles.
|
On a
pu observer :
- des erreurs
récurrentes qui peuvent être dues
" à une approche insuffisante de la notion (quantitativement ou
pédagogiquement…). Par exemple, dans certains contextes on a vu que la
géométrie était trop délaissée, les performances s'en sont ressenties…
" à une difficulté de comprendre une consigne ou un document (manque de
diversification des approches, l'élève ne " reconnaît pas " le type
d'exercice proposé…
- des erreurs d'ordre cognitif : l'élève n'a pas encore les outils
intellectuels pour comprendre le problème posé
- des erreurs d'ordre " langagier " : l'élève n'a pas le lexique
- des erreurs de lecture
- des erreurs relatives au sens de l'exercice : l'élève ne comprend pas
ce qui est attendu ou interprète la consigne en fonction de ce qu'il
imagine être attendu par l'enseignant.
Exemple
cité par un collègue : dans un exercice où il fallait compter des lignes
surlignées… des élèves ont répondu 27 (nombre total de lignes du texte)
car la bonne réponse " 3 ", leur semblait " trop facile " pour des
élèves de CE2. C'est d'ailleurs une approche dans des tests
professionnels (par exemple à la SNCF) où l'on propose des exercices
très simples… certains candidats ne " voient pas l'évidence " et vont
chercher des réponses très compliquées, car ils pensent que pour un
concours on ne pourrait pas leur demander quelque chose de trop facile…
- des erreurs dues à des habitudes scolaires : une consigne habituelle
de la classe s'oppose à celle du cahier ou l'élève n'a pas l'habitude
de travailler avec des outils proposés comme le crayon à papier.
- Etc..
|
Le diagnostic ne
doit pas se limiter à la passation des épreuves et à leur codage.
Il peut-être très intéressant, par petit groupe d'échanger avec les
élèves sur ce qui leur a paru facile ou pas, de les interroger sur leur
façon de répondre : pourquoi as-tu répondu 30 ? Pourquoi as-tu écrit 8 lignes ?
Que penses-tu de cet exercice ? Que veut-on savoir en te faisant faire
cet exercice ? Que penses-tu de ce travail ? Qu'as-tu bien réussi ?
Ces explicitations
ne doivent d'ailleurs pas être limitées à ce temps d'évaluation mais
peuvent accompagner la plupart de nos activités.
haut de page
La
réussite pour tous et pour chacun
Si le maître a son
rôle à jouer, s'il ne doit pas tout attendre de la volonté enfantine à
se mettre en œuvre pour apprendre, il doit aussi croire ferment que
tous peuvent apprendre et progresser. Il lui faut faire confiance à
l'intelligence des élèves. Son pari, c'est de comprendre un peu comment
chaque élève fonctionne. C'est de l'inciter à essayer, c'est de
l'accompagner. Si l'enfant n'a pas les connaissances, il peut très tôt
questionner, comparer, trouver ce qui est pareil, reproduire…
Mais avons nous toujours confiance en l'intelligence de nos élèves ?
Un bon maître, n'est-ce pas aussi celui qui sait écouter et
s'émerveiller des manifestations de l'intelligence enfantine ?
L'élève n'est pas un adulte en miniature, les étapes de son
développement limitent ses aptitudes ou ses perceptions… mais l'enfant
placé en situation de confiance, dans une relation dynamique au savoir,
c'est à dire une relation désacralisée mais où chaque connaissance est
vue comme une clé qui ouvre une nouvelle porte, cet enfant là, qui voit
dans le savoir la possibilité de s'émanciper, jubile, il ose apprendre
et s'emparer de la connaissance.
Le
temps du cycle :
La loi
d'orientation semble vouloir heureusement laisser perdurer les cycles.
Le ministre dit des bêtises à propos du redoublement. Elles sont
contredites par nombre d'études. Pardon d'être ici irrévérencieux, mais
le ministre est politique, pas pédagogue et il a trouvé utile de jeter
le discrédit sur sa propre administration, de flatter certains parents
et certains professeurs en laissant croire que faire redoubler ce
serait être plus exigeant ou que " les méthodes à l'ancienne " seraient
plus efficaces.
Le temps du cycle, c'est l'idée que l'hétérogénéité est une réalité. Ce
n'est pas un handicap et une classe homogène nous priverait des
interactions. Il faut se libérer de l'idée traditionnelle soit d'un
enseignement de luxe qui serait le préceptorat ou d'un enseignement "
de masse " forcément univoque, construit pour un " élève type ".
La
durée est là pour dédramatiser.
Le cycle
devrait pouvoir nous libérer des étiquetages traditionnels : qui aura
le courage de nous faire abandonner les vieilles dénominations CP, CE1,
CE2, CM1, CM2 qui enferment souvent nos représentations du parcours de
l'élève ?
- la
tentation d'attendre
o pourquoi nier le
fait qu'elle existe ? La durée du cycle ne doit pas légitimer l'absence
d'intervention avant la fin du cycle un peu comme si on ne devait agir
qu'au dernier trimestre de chaque cycle dans la perspective de " passer
" dans le cycle suivant.
o C'est tout au long du cycle qu'il faut agir et dans tous les domaines
: à la fois pour pallier les difficultés mais aussi pour alimenter et
nourrir tous les élèves.
- la vigilance de l'équipe
o le cycle c'est
l'obligation pour chaque maître de ne plus travailler seul, de partager
ses inquiétudes, de faire que ce soit l'équipe du conseil de maîtres de
cycle qui s'implique : évaluations, aides en amont ou en aval ; travail
en relation avec le réseau d'aide….
- la programmation de l'équipe
o plutôt qu'un plan
figé, la programmation c'est quoi ? C'est recenser pour chaque cycle
les compétences en jeu et les croiser avec les activités proposées dans
les différentes disciplines. Régulièrement on doit pouvoir faire le
point d'une part pour le groupe d'élèves et d'autre part pour chaque
élève. Certains collègues parlent alors de " programmation a posteriori
", autrement dit, on pointe régulièrement ce qui a été fait et par voie
de conséquence ce qui reste à faire. Cette programmation peut intégrer
les projets de classe, se relier au projet d'école et prendre en compte
les compétences particulières des maîtres (par exemple ce maître là
développe un projet théâtre qui va permettre de servir tout un ensemble
de compétences alors que son collègue est intéressé par un travail sur
la Presse. Plutôt que de laisser le hasard décider, on va se répartir
les choses et programmer …
-
parcours de la classe et parcours de l'élève
o voir plus haut… on
peut penser à l'orchestre où tous doivent jouer ensemble mais où
parfois on fera reprendre tel ou tel musicien " à part " mais toujours
dans le but de rejoindre le groupe. J'ai mon rôle à jouer dans
l'orchestre et les autres m'aident aussi à me repérer. Je ne pourrais
pas jouer sans entendre les autres.
Quand
l'aide extrait l'élève de la classe ou l'enferme dans son échec
Paul est sorti
régulièrement de la classe. Il a des difficultés alors il est aidé par
une autre maîtresse, quelquefois dans une petite salle où il est
confronté à d'autres enfants qui pataugent autant que lui… Que se
passe-t-il quand il n'est pas dans la classe ? Comment sa maîtresse
aura-t-elle connaissance de ce qu'il fait " à part " et comment cela
sera-t-il intégré ?
Psychologiquement problématique, le groupe de besoin hors de la classe
n'est pas toujours efficace pédagogiquement et surtout si les
partenaires ne communiquent pas, si les objectifs ne sont pas précisés,
si l'activité n'est pas limitée dans le temps, si du sens n'est pas mis
sur ce qui est fait y compris auprès de l'élève.
Il faut que tous les élèves soient informés que l'idée d'un travail en
atelier peut aider à mieux maîtriser une compétence donnée et que
chacun pourra y avoir recours sans déshonneur…
Un travail en ateliers peut s'envisager aussi dans la classe avec un
plan de travail personnalisé mis en œuvre pour tous…
Tout
dire n'est pas aider
La peur de l'échec,
conduit nombre d'enseignants à multiplier les béquilles. On explique et
" surexplique " la consigne, on élucide toutes les problématiques…
l'élève ne devient plus qu'un exécutant, son intelligence n'est pas
sollicitée. Il importe pourtant qu'il puisse percevoir une résistance
surmontable dans chaque travail proposé.
L'exercice paraissait difficile, mais nous avons trouvé la solution. Il
faut parfois rassurer les élèves qui ont trop été aidés par le passé :
dans le travail proposé il y a toujours une solution.
La formulation des consignes par les élèves, l'explicitation des
stratégies, les bilans intermédiaires ou d'étapes, le droit de copier
ou corriger sont à développer.
La confrontation à
une situation que ce soit un problème, un document, un parcours en EPS
… doit pouvoir être élucidée : Qu'est-ce que c'est ? D'où ça vient
? Qui en est l'auteur ? Pourquoi nous propose-t-on ça ? Que va-t-il
falloir faire ?
haut de page
Aider
en variant et diversifiant les démarches
Lucie n'a pas
compris la multiplication. Je peux lui faire refaire dix fois le même
travail, je risque de ne pas avancer. Peut-être sera-t-il intéressant
de changer d'approche : aller voir dans d'autres manuels comment on s'y
prend, utiliser les autres disciplines pour aborder la notion par un
autre biais… et faire parler Lucie pour qu'elle explique ce qu'elle
comprend, ce qu'elle fait… Valoriser au fur et à mesure sa parole et
lui proposer des clés à essayer. Lui donner des indices, l'autoriser à
recourir à certains outils… Favoriser le dialogue pédagogique qui
commence par l'écoute attentive de l'élève.
Aider
en ouvrant à tous les domaines
Meziane n'aime pas
lire. Au CM2 on peut dire qu'il rame encore avec la lecture. Mais le
projet d'aller lire des albums aux CP lui plaît. Et le voici qui
investit très fort dans la préparation de ce projet et sollicite des
aides y compris pour résoudre des problèmes de décodage, travaille le
ton au magnétophone, s'auto - évalue et lorsqu'il se sent " prêt " ose
enfin aller lire au petit . Il en reviendra avec fierté… " Et je
lui ai appris à lire la première page ! je lui ai expliqué les sons ".
Pierre n'aime pas l'école plus que ça, mais il a une passion pour
l'histoire. Enfant précoce, à l'occasion d'une classe de découverte, il
va épater l'historien qui nous accompagne par ses analyses. Motivé pour
transmettre ses connaissances aux autres, il va se mettre en œuvre pour
entrer dans l'écrit et accepter des exigences comme la norme
orthographique.
Kais n'est pas à
l'aise en français. Mais il a découvert que les chiffres ne lui
résistent pas. Par l'approche de problèmes de plus en plus complexes,
il va être conduit à lire de nombreux énoncés et en écrire à son tour.
Kais est rentré dans le français grâce aux maths.
…
haut de page
Aider
en travaillant à élucider les représentations enfantines et en
réfléchissant aux obstacles cognitifs en jeu
En sciences par
exemple, on connaît l'intérêt de travailler les représentations des
enfants vis à vis de " ce qu'on ne voit pas ", l'explicitation d'un
phénomène…
Comment voient-ils tel ou tel personnage du roman ?
En mathématique plutôt que de pointer l'erreur, faire expliquer "
pourquoi tu as mis 3 ? "
Voir à ce propos notre travail sur la
division.
Cette
élucidation doit appartenir aux stratégies quotidiennes de la classe. Elle peut être aussi l'occasion
d'échanges avec les collègues…
Il faut aussi oser faire soi même les exercices proposés pour essayer
de mesurer les problèmes qu'ils posent et qui peuvent être de nature
diverse.
Cette démarche est une attitude à développer pour le maître puis pour
les élèves.
Le maître peut d'ailleurs expliquer ce qu'il fait quand il écrit un
texte, il peut même expliquer ses propres erreurs ou ce qu'il fait
lorsqu'il écrit au tableau …
Ppap
programme ou projet ?
Programme personnel d'aide et de progrès
La vraie
terminologie est programme. Pourtant, peut-être sur Prepaclasse aussi,
on lit parfois " projet ". L'idée de programme est de limiter le PPAP
dans le temps.
Si le PPAP doit se
limiter aux élèves n'ayant pas obtenu 75 % des compétences " de base "
(nécessaires aux enfants pour profiter pleinement des situations
pédagogiques de cycle 3), on peut très bien imaginer pour chaque élève
un projet … mais bien entendu l'urgence est d'aider d'abord ceux qui
rament.
Toutefois, le PPAP ne s'adresse pas à l'élève en très grande
difficulté, qui relève de l'aide du RASED.
Une
stratégie possible :
- en septembre : évaluation nationale ou en début d'année
évaluation intermédiaire pour la classe
- mise en place d'un PPAP de six a 8 semaines
- évaluation intermédiaire portant sur les compétences qui ont été
travaillées
- le cas échéant appel au RASED ou poursuite d'un PPAP proposant par
exemple une approche nouvelle
haut de page
CIRE
l'avenir ? triste
cire ou vernis d'apparence la loi d'orientation parle de Contrat
individuel de réussite éducative.
Ce contrat est censé impliquer la famille, l'élève, le maître...
Il faut se poser la question de savoir si l'enfant peut être "
responsabilisé " dans le contrat … Car si l'une des parties ne respecte
pas un contrat, en droit civil l'autre peut être amenée à se plaindre
et obtenir réparation…
Le rôle des éducateurs est d'engager, d'impliquer, de créer une
dynamique positive favorisant l'autonomie… mais dans ce contrat les
trois parties sont elles à égalité ?
Il en va de même pour les parents qui sont loin d'être égaux devant
l'école.
Il faut donc ici pouvoir déterminer le rôle de chaque partie et
souligner que pour que le maître conserve sa prégnance professionnelle,
l'école doit apprendre à gérer la difficulté en son sein. Le maître ne
doit pas se défausser sur la maison. Il ne s'agit pas de donner du
travail supplémentaire mais de donner mieux, d'adapter les démarches
aux besoins de l'élève.
Il ne s'agit pas de priver l'élève d'apprentissages qui seraient
optionnels en se focalisant sur les fondamentaux, mais de penser à
servir les fondamentaux au sein de chaque activité.
L'intérêt d'un contrat comme du PPAP est qu'il doit permettre de parler
le plus professionnellement possible (mais en termes simples) du
travail de l'enfant à sa famille.
Cela impose aussi d'ouvrir les classes.
Par exemple : au
moment de la remise des livrets , on peut inviter les parents en classe
et les élèves feront d'une part le bilan global des activités menées
puis chaque enfant expliquera " son livret " à ses parents, le maître
venant aussi écouter et donner son regard professionnel.
Aider
en urgence et faire confiance à tous
La classe a ses
projets qui sont fédérateurs, mais il n'est en rien infâmant de se
donner des priorités et de les orienter en direction des élèves en
difficulté.
La confiance n'est pas une attitude naïve, mais une vision positive et
sincère de la capacité de tous nos élèves à apprendre, comprendre et
progresser.
Pour
une pédagogie coopérative - le droit à l'expression de tous nos élèves
et des différents adultes
Une pédagogie de la
réussite s'inscrit aussi dans une pratique qui refuse la compétition
mais préfère la coopération.
Nos élèves respecteront l'école et les maîtres d'autant plus qu'ils
mettront du sens dans l'activité et trouveront dans le savoir dispensé
de quoi s'émanciper et grandir. Autrement dit le savoir donne un peu
plus de pouvoir.
Mais il faut aussi que l'enfant puisse trouver à l'école un lieu
d'écoute et d'expression. Ce droit dépasse d'ailleurs l'école.
http://www.momes.net/convention/
http://www.prepaclasse.net/fichiers/droits.html
Il nous semble plus
que jamais, sans s'enfermer dans une idéologie, qu'une approche
coopérative favorisant l'expression, la communication, les approches
transversales, les interactions peut aider chacun des élèves à
progresser.
Divers
modes d'intervention et d'organisation
Les approches trop
systématiquement magistrales n'aident pas à prendre en compte les
représentations des élèves. Mais il nous semble utile de dire qu'il
faut pratiquer et apprendre ne serait-ce que d'un point de vue
méthodologique, à travailler selon différentes modalités qui peuvent
très bien s'utiliser de façon complémentaire.
- l'exposé magistral : de manière ponctuelle
pour apprendre à écouter et comprendre seul
- le travail en binôme (équilibré ou hétérogène selon l'objectif) mais
qui profite alors de la relation duelle entre élèves
- le travail en groupes (3/4 élèves) autour de tâches précises avec des
temps de synthèse et de communication dans la classe
- le travail individualisé autonome avec par exemple un plan de travail
individualisé où l'élève choisit l'ordre des exercices (intéressant
pour la lecture silencieuse, les entraînements)
- le travail en ateliers avec un atelier dirigé par l'enseignant qui
veut suivre de plus près un groupe et d'autres ateliers " satellites "
- le travail accompagné en amont où le maître donne des clés et des
indices à un groupe tandis que l'autre groupe fait seul le même travail
- le travail décloisonné impliquant plusieurs intervenants
- les ateliers d'aide dans la classe dirigés par le maître tandis que
le deuxième enseignant ou l'assistant d'éducation supervise un travail
donné aux autres élèves… |
L''emploi
du temps de la classe peut tout en respectant les horaires des
différents domaines permettre cette souplesse
L'élève en
difficulté doit faire l'objet de notre préoccupation quotidienne. Les
stratégies d'aides ne doivent pas être isolées de l'ensemble de nos
pratiques ou de nos démarches. L'aide peut être anticipée et ne doit
pas être dissociée.
La préparation de la classe peut envisager d'aider l'élève ou les
élèves en difficulté en proposant des aides, des stratégies, des
activités qui leur sont plus précisément destinées. Les temps
d'explicitation communs à toute la classe en sont des moments forts
tout comme l'élaboration collective d'outils de référents.
|