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travailler en équipe

une injonction peu accompagnée, mais aussi une nécessité pour des enseignants qui doivent penser collectivement le parcours des élèves, leur évaluation, coordonner l'action de différents intervenants, renseigner ensemble la validation du livret personnel de compétences.




des partenaires nombreux  et des modalités de travail différentes (voir le graphique)
En cliquant sur le graphique (plus haut), vous observerez que les partenaires de travail du professeur des écoles sont nombreux et divers selon les situations. On pourrait certainement en compter d'autres.
Cela suppose de :
- savoir travailler ensemble dans le respect de la professionalité de chacun.
    - l'ASEM peut se voir confier un groupe d'élèves, mais n'est pas en charge des choix pédagogiques ou de l'évaluation des élèves...
        - un intervenant extérieur peut conduire un projet, mais le professeur doit en conserver la maîtrise notamment en termes d'objectifs, d'évaluation...
       - un orthophoniste peut échanger avec le professeur qui dans certains cas adaptera son enseignement, mais l'orthophoniste n'est pas le prescripteur de la pédagogie de la classe

- savoir mesurer quels échanges d'informations sont possibles et de quelle nature : que dit-on ? quels mots emploie-t-on ? quelle prudence doit-on avoir notamment lorsqu'on est dans le "parler sur" (ou à propos ) d'un élève, de sa famille..

L'un des éléments clés pour l'enseignant est de fonder les échanges sur des éléments objectifs, des faits plus que des impressions, des sentiments ou des intuitions.
Notamment lors des échanges avec les parents, la vision lucide des réussites et difficultés d'un élève doit toujours s'inscrire dans la dynamique du principe d'éducabilité. L'école ne peut pas tout, mais elle ne saurait renoncer à faire avancer le projet individuel.

Chacun doit pouvoir s'exprimer dans sa dignité et sa professionnalité. Parce qu'ils sont fondés sur de nombreux échanges oraux directs ou à distance, ces partenariats supposent une capacité à être bien au clair et lever les implicites. On n'hésitera pas à prévoir des réunions préalables à la mise en oeuvre.
L'écrit qui doit s'inscrire dans les mêmes règles de professionalisme, de prudence et d'éthique a pour avantge de fixer ce qui a été dit et de préciser le but à atteindre ou les étapes du projet.



Mais pourquoi travailler en équipe ?
-

la liberté pédagogique est un principe affirmé dans la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école (2005). Elle pose surtout la liberté des moyens que se donne le professeur, sachant que les résultats sont attendus pour tous et que les programmes fixent un certain nombre d'obligations à cet égard.

Si certains peuvent y voir de quoi alimenter un sentiment d'individualisme, la liberté pédagogique peut aussi inviter dans le cadre institutionnel à une certaine forme de créativité, de recherche de nouvelles stratégies pour faire progresser les élèves.

Certains encore pensent que le travail en équipe n'est pas la panacée et qu'un mauvais consensus peut nuire davantage que l'action individuelle d'un maître dans sa classe (cf. l’effet maître".)

Le travail en équipe peut connaître ses limites notamment dans le cas où un leadership négatif s'exerce, où des oppositions trop virulentes apparaissent entre les membres d'une équipe, où un membre de l'équipe peut se sentir exclu ou s'exclure de lui-même a contrario on peut observer les limites de la cooptation dans la médiocrité... Mais c'est là le jeu de tout espace social et le travail en équipe suppose une capacité des acteurs à questionner leur fonctionnement régulièrement sachant que l'habitus peut prendre le dessus et induire ses propres défauts.

Tout fonctionnement d'équipe doit être posé et visité régulièrement.

Pour ce qui concerne l'école publique, le mouvement des enseignants (affectation des enseignants dans l'école) aujourd’hui encore conditionné par le barème réduit la cooptation. La cooptation peut favoriser la cohésion mais elle peut induire aussi des dérives dès lors qu'elle nuit au libre arbitre ou à la capacité d'analyse réflexive.

Travailler en équipe suppose que les règles du jeu soient claires.

 
- les affinités entre enseignants, dès lors qu'elles s'inscrivent dans les règles éthiques, peuvent constituer un bon moteur pour "travailler ensemble". Trouver un collègue réceptif, partager des problématiques, des outils, mutualiser... c'est une démarche stimulante pour un enseignant qui découvre qu'il peut rompre avec l'isolement.

S'interroger à plusieurs éclaire autrement. On peut y trouver stimulation et émulation. Pour les élèves, comprendre que des maîtres harmonisent leurs pratiques participe de la cohérence, aide à la continuité.

Moteur donc si ces affinités n'isolent pas par exemple un binôme d'enseignants au sein de l'école ou ne contribuent pas simplement au renforcement d'une conception.

Il faut certainement apprendre à dépasser ses propres préventions et sans angélisme, en faisant preuve d'assertivé (s'affirmer sans s'opposer) oser aller à la rencontre des collègues avec lesquels a priori on aurait peu d'affinités électives ou professionnelles.

Travailler en équipe c'est accepter le questionnement de ses propres pratiques.


Voir ici sur le site psychologue.levillage.org les caractéristiques positives d'une équipe et les réponses possibles à apporter selon les personnalités.
3 points essentiels à retenir relativement à l'intérêt du travail en équipe
- l'intelligence multipliée
On pense mieux à plusieurs notamment lorsqu'il s'agit de résoudre une situation problème. Le croisement des points de vue enrichit.
- les concessions comme régulation et aide à l'analyse réflexive de sa propre pratique
Savoir faire des concessions n'est pas renoncer mais faire preuve de réalisme : il faut confronter son point de vue à celui des autres, accepter de ne pas détenir seul la vérité, s'interroger à l'aune des "autres façons de faire" sur ses propres priorités. Travailler en équipe est un bon outil pour débuter l'analyse réflexive de sa pratique pour peu que l'on accepte ni de se renier ni de se figer dans une représentation univoque. c'est un exercice difficile car il faut d'une part ne pas alimenter sa propre déception et d'autre part éviter la moraline en reportant la cause des difficultés sur autrui.
- la recherche de professionalité
L'identité professionnelle des maîtres est une construction complexe et dont les modèles ont certainement évolué de l'instituteur d'il y a trente ans au professeur des écoles "mastérisé" d'aujourd'hui. Là où le jeune élève instituteur construisait son identité professionnelle dès son entrée à l'école normale (identité renforcée par ce que l'on pourrait décrire comme une série de rites, l'adhésion systématique à un ensemble de valeurs, d'organismes etc.), le professeur des écoles construit de plus en plus son identité sur le terrain c'est à dire en dépendance forte au premier contexte d'exercice.
Quand on sait que l'écart s'accroit entre des maîtres qui ont fait des études longues et leur premier contexte d'affection souvent dans des quartiers populaires, quand on sait que l'école est souvent questionnée, critiquée et que le statut du professeur des écoles n'est pas toujours sufisamment reconnu dans la société, travailler en équipe permet certainement tout à la fois de souder les acteurs mais aussi de chercher concrêtement comment mettre en musique les injonctions intitutionnelles. Travailler en équipe c'est d'une certaine façon montrer que les choix pédagogiques ne relèvent pas de la seule subjectivité du maître mais sont légitimés par l'engagement de tous.
C'est aussi apprendre à poser la bonne distance dans des contextes parfois difficiles.

- le cadre institutionnel pose ses exigences :
Elles sont notamment précisées dans les deux référentiels de compétences des professeurs des écoles (arrêté de 2006 et sa déclinaison de 2009 pour les enseignants exerçant en école maternelle).


Comment travailler en équipe ?

- avec les partenaires
reconnaître chacun dans sa professionnalité en s'appuyant si besoin sur les textes (définitions au BO, chartes, conventions...)
acter par écrit un bref document conjoint précisant le rôle de chacun y compris pour des projets ponctuels
évaluer régulièrement

- partager, mutualiser, donner à voir
notamment avec les collègues, il faut oser inciter à l'échange, parler des pratiques, montrer in situ les productions personnelles ou des élèves, proposer des espaces d'échanges dans la salle des maîtres, un espace internet fermé (de type groupe de travail en ligne)...

- rompre l'isolement
visiter les jeunes et moins jeunes collègues
ne pas garder pour soi une situation délicate
mais respecter les espaces de chacun

les instances :
le rôle du directeur d'école est capital.
Nous reviendrons  sur  le rôle des différentes instances  qui sont tout à la fois des espaces instutionnels, professionnels  et d'échanges  ouverts si l'on veut que la parole circule.
- conseil des maîtres et conseils de maîtres de cycle
Deux écueils : limiter le champ de ces réunions à des aspects logistiques et organisationnels ou se livrer à l'inventaire des difficultés des élèves en ne s'attachant qu'à décrire et constater des difficultés.
Ces réunions doivent être pensées dans leur économie et leurs objectifs.
On veillera à :
-    Définir un ordre du jour  ciblé (une à trois questions) et limiter le temps des réunions
-
  Définir  ce que l’on attend de cette réunion, en limitant le temps des échanges. Si nécessaire, préférer deux courtes réunions ciblées à une longue.
-   
S’appuyer sur l’écrit pour inscrire la réunion dans la continuité (penser à des tableaux simples dynamiques)
-    Conclure la réunion par une synthèse partagée, précisant une priorité, une modalité d'action, un objectif même modeste mesurable à un échéancier donné.
-    Si l'on apporte des informations rester dans la bonne distance professionnelle en sériant ce qui relève par exemple du champ syndical ou citoyen. Il importe de ne pas cliver les équipes autour de choix qui peuvent créer la confusion avec l'espace professionnel. Les fonctionnaires composent toujours avec une partition obligée.

Ces réunions doivent permettre d'élaborer une stratégie collective qui dépasse les constats.

- équipe éducative
Dans le premier degré il convient de ne pas confondre ces réunions avec des conseils de discipline qui relèvent du second degré. La prise en compte de la globalité de l'enfant engage toutefois à s'appuyer sur des faits, à rester prudent vis à vis des modèles éducatifs de référence oyu de présupposés.
- équipe de suivi de la scolarité
Elles doivent être pensées comme des lieux de recherche de solutions communes dans un principe de co-éducation. Nous reviendrons sur ces deux types de réunions où le risque serait de "parler sur" ou de camper sur des positions...

conseil d'école lieu probablement plus institutionnel.

techniques de réunion
L'excellent site "innovalo" propose toute une série de réflexions et de démarches (avec y compris des exercices pour s'auto-évaluer) http://innovalo.scola.ac-paris.fr/former/equipe/

outils
Nous reviendrons par ailleurs sur ces différents outils partagés.
- outils professionnels de la continuité et du suivi des parcours des élèves
Les livrets scolaires, la mise en oeuvre du livret personnel de compétences et le renseignement des différentes attestations supposent une bonen harmonisation au sein de l'école.
- programmations, progressions
sont souvent lorsqu'elles existent des "outils froids" pré-établis qui constituent rarement des points d'appui relativement aux échanges lors des différents conseils. Pourtant, à l'instar du projet d'école et des indicateurs, ils devraient être des supports dynamiques guidant les échanges. Les maîtres se parlent trop peu de ce qu'ils font dans leurs classes et des difficultés qu'ils rencontrent en particulier du point de vue didactique.
- outils des élèves : travailler en équipe sera également s'accorder plus avant sur les outils des élèves (cahiers, fichiers, supports divers...)
- outils de formation à distance, plates formes collaboratives : si Internet est utilisé par les maîtres dans leurs recherches personnelles, s'ils commencent à  utiliser la messagerie électronique pour échanger de l'information, ils utilisent encore peu les outils de formation à distance institutionnels (pairform@nce , primtice, éduscol ) . Il peut être inétressant également d'utiliser peu à peu des groupes de travail en ligne ( de type google) ou des plateformes collaboratives de type Nuxeo qui se développent et permettent de partager outils et réflexions.


décembre 2010 - à suivre !








Vincent Breton

Conduire de l'enfant à l'élève



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