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l'inclusion


l'inclusion
Lorsqu'en 2009 les classes pour l'intégration scolaire sont devenues des classes pour l'inclusion scolaire, ce que l'on pourrait qualifier de "glissement sémantique" fut au fond relativement peu commenté.
Autrefois exclus, puis présents mais séparés, les élèves handicapés furent invités à "s'intégrer" quand et comme ils le pouvaient avant de bénéficier du droit pour tous à l'inclusion...

"Prendre et accepter l'élève comme il est" , ne saurait suffire cependant si l'on ne posait pas comme principe celui du progrès possible pour tous, de l'éducabilité...

Très vite se posent les questions du regard et de la souffrance.
L'éducation inclusive ou le modèle de l'inclusion est une école exigeante.
Elle bouscule nombre d'habitudes et de représentations... et n'a certainement pas fini d'évoluer.

J'invite le lecteur à naviguer dans les liens plus hauts. Il y trouvera les textes de référence et de premiers éléments de réflexion autour d'un sujet complexe.

En mathématique, l'inclusion consiste à considérer un sous ensemble.
l'inclusion
Cette vision serait à l'école hautement réductrice s'il n'existait pas de relations entre le sous ensemble et l'ensemble de la classe. Comme la Société toute entière, l'école reste partagée dans cette mise en tension du droit à la différence et du droit à l'indifférence (c'est à dire être considéré en tant que personne et non au travers du prisme exclusif ou réducteur d'une spécificité qu'elle tienne à une origine sociale, culturelle, à un handicap provisoire ou permanent...).
Le modèle scolaire français reste très influencé par la sélection et nous énonçons plus facilement les difficultés ou les défauts d'un individu avant de penser à ce qu'il sait réussir ou apporter.

Nous sommes constamment animés de paradoxes : nous ne souhaitons à personne de souffrir d'un handicap. Pourtant je ne peux nier avoir beaucoup appris grâce aux personnes handicapées.
Je peux même affirmer que la présence dans nos classes d'élèves handicapés est une chance pour tous dans un Monde qui tend à dissimuler les plus fragiles...
Leur façon de percevoir le Monde, d'entrer en relation avec le Monde... m'ont enseigné souvent que je pouvais apprendre autrement et comprendre autrement le Monde, en passant par d'autres chemins.
J'ai pu découvrir grâce aux personnes handicapées, que je souffre moi même de divers handicaps ou spécificités que je peux, si je les répère et sais les utiliser à bon escient, transformer en outils pour trouver un chemin personnel, apprendre et progresser.

On le mesure assez vite, la question de l'inclusion n'est pas qu'une question professionnelle. Elle relève certainement de l'expérience personnelle, des rencontres que chacun d'entre nous a pu faire et de la réussite ou non de ces rencontres.

On peut supposer qu'un futur enseignant qui dans son histoire n'a pas été confronté aux différentes formes de handicaps tirererait bénéfice de telles rencontres pour sa formation professionnelle.
Mieux connaître ces différences c'est aussi les démystifier.

Sans nier le rôle des spécialistes, notamment des professionnels de la santé avec lesquels il serait bon de mieux collaborer en leur ouvrant vraiment les portes de l'école, chaque maître doit être convaincu de la validité de ses compétences auprès de tous les élèves. Il lui faut peut être à certains moments moins penser programmes et plus projet personnel de l'élève, mais toujours se situer dans la perspective du socle commun.

Depuis la mise en oeuvre de la loi sur le handicap de février 2005 , le droit pour tous les élèves à être inscrit dans leur école de quartier et l'association pleine des parents aux décisions, ont engendré plusieurs types de problèmes:
- un positionnement des parents en consommateurs de l'école, exprimant leurs droits légitimes de manière univoque tandis que les équipes d'écoles se sentent encore démunies. Cette posture peut conduire à la judiciarisation ou à l'exigence de moyens. On notera ici quitte à choquer, que l'attribution systématique d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS) ne constitue pas un projet ou une réponse en soi. Il y a matière à question.
- un positionnement des équipes d'écoles exigeant une forme de "négociation" (comme si elles consentaient à un accueil sous condition) renvoyant souvent la famille à une image dépréciative des potentialités de l'enfant dans une posture qui aboutit alors à faire "payer deux fois les familles".

Outre des aspects liés à la formation il faudrait :
- mieux travailler l'accueil des familles et de l'élève
- faire entrer l'usager (la famille) comme "co-producteur" du service, autrement dit lui donner sa pleine place en termes de construction du projet pour l'enfant.
Ici aussi, plutôt que de subir a posteriori des réactions et mettre à jour des oppositions ce qui peut venir aisément, il faut favoriser les interactions, associer, ouvrir les portes.

Lorsque nous posons la question de la souffrance d'un élève en situation de handicap, voire de la soufrrance engendrée auprès des autres élèves, si nous pensons que l'école n'est pas bonne pour l'élève handicapé, nous devons toutefois oser nous poser la question des adaptations pédagogiques...
Ces adaptations ne doivent pas être vues comme une concession ou un renoncement, mais comme une autre façon d'organiser les apprentissages pour répondre aux besoins d'élèves ici en situation de handicap, mais plus loin peut être répondre à des besoins "masqués" d'autres élèves que ce soit en termes d'organisation de la communication dans la classe, de clarté cognitive, d'aides aux apprentissages, de diversification des façons d'apprendre.
L'aménagement des pratiques doit prévaloir sur l'idée d'aider l'élève à se conformer à une norme supposée.
Il faudrait parvenir à penser la question d'un point de vue pédagogique, sous forme de situation problème, vue de façon globale, en pensant l'élève "inclus" dans le système de la classe.
       
Encore une fois, ces points sont complexes. La réalité humaine comme les aspects les plus pratiques peuvent jouer. Les partenariats avec les communes en charge de l'aménagement des locaux ou de la MDPH  qui adopte souvent une posture injonctive vis à vis de l'école sont à travailler de façon plus concrète à l'échelle de l'école.



Vincent Breton

Conduire de l'enfant à l'élève



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